Tunisie : une implantation nearshore de Pentalog pourrait se concrétiser bientôt

Bonjour et bonne rentrée à tous,

Pentalog, SSII française ayant des implantations nearshore/offshore dans plusieurs pays (Roumanie, Vietnam, Moldavie, Israël…) pourrait bientôt s’installer en Tunisie.

C’est ce que révèle Frédéric Lasnier, CEO de Pentalog, dans ce billet publié Pentablog. Cette décision est consécutive à une visite que Pentalog a effectuée en Tunisie au mois de juillet dernier pour étudier cette opportunité.

Pentalog effectuait depuis plusieurs années une veille sur le Maghreb, mais n’avait pour l’instant jamais été convaincu que l’heure était venue. La dernière visite semble avoir modifié cette appréciation, même si la décision finale reste suspendue à l’issue du processus électoral en cours en vue de désigner une assemblée constituante.

Je souhaite une bonne installation à Pentalog si la décision était entérinée.

Ci-dessous le commentaire que j’ai posté sur le billet de Frédéric.

JFR

Bonjour Frédéric,

Ton retour de visite est très fidèle à la réalité tunisienne telle que je la connais. Tu décris fort bien cette forme de concurrence déloyale qui, si elle n’était pas si grave, prêterait à sourire tant on reproche souvent à l’offshore/nearshore l’inverse de cette réalité, à savoir d’être responsable du chômage en France.

On ne peut pas uniquement reprocher au SSII tunisiennes d’être la cause de leur propre malheur. Elle ne saurait pas retenir leurs collaborateurs ? Il y a sans doute une partie de vrai dans cette affirmation, mais il est dur de lutter. Les sirènes de l’occident restent très enchanteresses, et pour plusieurs raisons.

  • Le gain escompté : la valeur annoncée fait briller les yeux, mais est en réalité rarement au rendez-vous, car on ne compte pas de la même manière des deux côtés de la Méditerranée. Entre le net-net en Tunisie (on parle du salaire perçu, sans charge, sans l’impôt qui est prélevé à la source) et le brut annoncé en France (les charges seront défalquées et il y aura un impôt à payer en différé l’année suivante), l’écart de compréhension (savamment entretenu par les « négociateurs ») s’avère souvent un désastre au contact de la réalité, notamment quand on se retrouve confronté au prix de l’immobilier parisien. J’avais eu l’occasion de rédiger sur Offshore Blogging un billet sur ce point intitulé “Les dérives de l’offshore”
  • La promesse d’un CV rutilant : les ingénieurs tunisiens sont convaincus qu’un passage à l’international leur permettra une employabilité accrue quand ils reviendront sur leur sol natal. Ils n’ont pas foncièrement tort. D’autant que cet argument de leur(s) collaborateur(s) est souvent mis en avant par les entreprises nearshore tunisiennes auprès de leur client. Et puis parfois, ils ne rentrent pas, mais trouvent des opportunités de carrière convaincantes dans leur pays de destination.
  • La coupure familiale : cette raison n’est pas triviale, car elle reste un sujet tabou. Mais les ingénieurs trouvent parfois dans l’émigration une manière de couper une présence familiale très prégnante, que la jeune génération tolère moins que les précédentes sans oser l’avouer. Être recruté par une entreprise à l’étranger permet de couper le lien, avec l’aval la famille souvent fière de cette opportunité.

Face à tous ces attraits, les SSII tunisiennes, tu le vois, ont du fil à retordre pour enthousiasmer et convaincre leurs collaborateurs. J’en connais plusieurs qui animent avec énergie et enthousiasme leurs troupes (comme l’entreprise que tu décris dans ton billet), mais tout le talent et l’investissement dans les RH ne suffisent pas toujours à lutter face à des forces qui les dépassent.

On ne mesure d’ailleurs pas encore l’impact de la révolution sur les velléités de départ des ingénieurs. Est-ce que rester pourrait devenir plus motivant, et l’émigration ralentir, voire se tarir ? Est-ce que des expatriés pourraient même souhaiter revenir pour participer à l’effort de développement du pays ? Ce qu’on peut dire, c’est qu’à ce jour, on ne constate pas un tel revirement, et qu’il est sans doute trop tôt pour qu’il ait pu se produire, au regard de la situation politique du pays.

Je te souhaite une bonne installation en Tunisie si elle est confirmée, et tu sais que tu peux compter sur mon aide. Nous en reparlerons prochainement.

Bien cordialement,

JFR

2 Responses to “Tunisie : une implantation nearshore de Pentalog pourrait se concrétiser bientôt”

  1. Amine GARA dit :

    Bonjour,

    Je voulais juste vous dire qu’il y bien un mouvement Nord-Sud en ce moment, pour ma part, j’ai choisis de rentrer définitivement au pays (Tunisie, Carthage) avec un projet de nearshoring à la clé 🙂

    Avec de la volonté et du bon sens on y arrive…le driver principal reste tout de même le Business

    Cdt,
    Amine GARA
    agara@methys.com

  2. Bonjour Amine,

    C’est bon de vous lire.

    La Tunisie a besoin de tous ses talents pour relever les nombreux défis qui se présentent à Elle dans le cadre de la transition démocratique que le peuple tunisien a seul et pacifiquement entamée.

    On peut souhaiter que d’autres expatriés feront comme vous le choix de revenir pour participer à la construction de la Tunisie du 21ème siècle. C’est un moment historique que sans doute beaucoup ne voudront pas manquer.

    Permettez-moi de vous souhaiter beaucoup de succès pour votre nouveau business.

    Bien cordialement,

    JFR

    P.S. : contactez-moi si vous souhaitiez échanger autour de votre business

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