Agilité et offshore : un binôme recommandable

Sur TV4IT (source d’information que je vous recommande par ailleurs), une excellente interview de Guillaume BODET, directeur technique de la société Xebia, spécialisée dans le conseil, l’expertise et le développement agile en J2EE.

De mon point de vue, non seulement l’agilité et l’offshore sont conciliables, mais constituent même un binôme plus que recommandable.

L’utilisation de méthodes traditionnelles classiques en cascade (modèle en V) aboutit à une amplification tout à fait préjudiciable du fameux « effet tunnel », et, finalement, à la défiance, puis à la déception.

Au contraire, les méthodes agiles permettent :

  • d’assurer une fréquence régulière et continue du contact entre les équipes ;
  • de pouvoir constater périodiquement l’avancement des travaux ;
  • d’intégrer aisément des changements de priorité ou des modifications.

Finalement, le recours à l’agilité est ce qui produit le résultat le plus abouti en termes de qualité, et surtout la meilleure satisfaction client. Ce que confirme la définition de Wikipedia :

Les méthodes agiles sont des procédures de conception de logiciel qui se veulent plus pragmatiques que les méthodes traditionnelles. En impliquant au maximum le demandeur (client), ces méthodes permettent une grande réactivité à ses demandes, visent la satisfaction réelle du besoin du client, et non des termes du contrat de développement.

Les méthodes agiles nous poussent à nous concentrer sur le résultat plus que sur le formalisme à adopter. C’est ce qui en fait un outil efficace (et même efficient) pour les projets offshore. Les échanges sont en permanence concrets et orientés résultat. Les décisions qui en découlent sont pragmatiques, et non dogmatiques.

Pourquoi dans ce cas les donneurs d’ordres français n’adoptent pas plus massivement l’agilité dans les projets de développement externalisé ? Il y a à mon sens deux raisons à cela :

  1. la prééminence du modèle de projet au forfait ;
  2. la conviction que le niveau de formalisme doit s’élever en même temps que la nécessité de rigueur imposée par la distance.

Dans les deux cas s’exprime en réalité un même besoin de vouloir tout contrôler à l’avance, et de ne déléguer que si tout est prévu… même l’imprévisible. Chimère à laquelle je dois reconnaître que j’ai longtemps souscrit moi-même.

Pourtant, ni le forfait, ni la spécification à outrance ne garantissent la réussite d’un projet (offshore ou pas). Pour paraphraser la définition de Wikipedia, on vise en réalité davantage à respecter les termes du contrat, qu’à obtenir la satisfaction du client quant au résultat.

Pour en revenir à l’offshore, la perte de maîtrise et de contrôle est un risque souvent exprimé par les donneurs d’ordre. Aussi, se réfugient-ils, presque par reflexe, vers le binôme { forfait ; spécifications à outrance }. Ce qui, finalement, rajoute du risque au risque. S’étant persuadé que tout est « under control », il laisse le projet s’engoufrer droit vers le tunnel, en sortie duquel on constate souvent des sorties de route !

L’adoption des méthodes agiles permet au contraire de superviser en permanence l’avancement des travaux, et de les cadrer dans un mode d’amélioration continue, propice à l’obtention du résultat satisfaisant… qui n’est au demeurant pas forcément le résultat attendu initalement !

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.