Approches différentes pour le nearshore au Maroc et en Tunisie

Je vous souhaite à tous une excellente rentrée.

J’ai eu l’honneur d’être interviewé récemment par Juliette Fauchet, chef d’enquête à 01 Informatique, dans le cadre d’une enquête qu’elle menait sur l’émergence du nearshore africain. Cette enquête a donné naissance à un article intitulé « Maroc et Tunisie rivalisent sur le nearshore » qui a paru dans 01 Informatique au mois de juillet.

Loin de moi l’idée de porter un jugement sur la valeur (absolue comme relative) d’une destination par rapport à une autre. J’ai déjà eu l’occasion d’expliquer dans un précédent billet intitulé « Existerait-il une destination offshore universelle ? » pourquoi selon moi il n’était pas fondé de le faire.

En revanche, les approches très différentes de l’offshore entre les deux destinations, très proches de nous à plus d’un titre (culture, langue, distance, horaires), que sont le Maroc et la Tunisie m’ont toujours frappées.

Pour le Maroc, l’offshore consiste majoritairement à favoriser l’implantation de filiales de compagnies européennes. Ainsi, des plateaux entiers sont occupés par des collaborateurs de SSII européennes de différentes tailles. Casanearshore en est une illustration vivante : tout est prêt pour accueillir une entreprise qui veut ouvrir un bureau local.

Pour la Tunisie, la démarche est plus orientéee sur une offre de services en mode prestations par des entreprises tunisiennes pour des entreprises européennes. Ainsi, dans la technopole Engazala de Tunis (mais pas seulement), on trouve de nombreuses entreprises de cet acabit, qui ont souvent démarré en mode start-up, et avec une progression souvent fulgurante.

Dans les deux cas, l’offshore contribue au développement économique du pays, mais de deux manières différentes. Bien entendu, les choses ne sont pas aussi rigides, aussi figées. Il existe des entreprises marocaines qui proposent leurs services en mode prestations, comme il y a des implantations locales d’entreprises européennes en Tunisie.

Du point de vue des entreprises européennes, s’implanter au Maroc peut avoir un double intérêt. Profiter des compétences locales, mais également s’ouvrir une porte sur un marché local significatif. Cet attrait est moindre en Tunisie, où le marché local reste plus modeste.

Une autre grande différence réside dans la façon d’approcher les entreprises européennes.

Au Maroc la promotion de l’offshore est « institutionnalisée », c’est à dire assurée par les structures d’accueil comme Casanearshore ou Technopolis, mais également par le gouvernement lui-même, qui ne néglige pas l’apport de capitaux étrangers investis par ce biais.

En Tunisie, le marketing est pris en main par les entreprises elle-mêmes, et j’avoue l’admiration que j’ai pour elle à cet égard. Pour exister dans ce marché si concurrentiel , il faut avoir un certain talent, et elles en ont. Parfois, elles vont jusqu’à se regrouper pour être plus forte, tel le Get’IT, qui est probablement la plus belle réussite de ce genre.

Pour terminer, je me rappelle que j’avais constaté le même phénomène sur le territoire européen entre la Roumanie et la Bulgarie, dans des proportions équivalentes.

2 Responses to “Approches différentes pour le nearshore au Maroc et en Tunisie”

  1. AYACHI dit :

    Bonjour,

    Cet article m’a beaucoup plu. Tout ce qui a été dit est vrai, sauf que je ne suis pas d’accord lorsque vous dites « Cet attrait est moindre en Tunisie, où le marché local reste plus modeste ». Je pense que le marché local est très demandeur depuis début 2008 ou la majorité des grandes/Moyennes sociétés consacrent de plus en plus de budget enorme pour leur système d’information & marketing sans oublier les avantages fiscaux accordés par l’Etat.

  2. Bonjour AYACHI,

    Dans la phrase qui vous a fait réagir, il fallait lire « par comparaison au Maroc ». Votre commentaire me donne l’occasion d’éclaircir mon propos.

    Je vous remercie pour vos précisions, avec lesquelles je suis d’ailleurs en parfait accord.

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