Le retour à une approche exclusivement quantitative d’une externalisation offshore

La crise financière a eu des effets divers et variés sur l’offshore. Il en est un que je rencontre systématiquement depuis le début de cette année, à savoir le retour à une approche exclusivement quantitative de l’offshore.

Au cours des années 2007 et 2008, les projets d’externalisation offshore avaient progressivement adopté des gourvernances et des méthodes de suivi qui visaient à renforcer la pérennisation des collaborations. Les donneurs d’ordre s’inscrivaient dans une démarche sur le long terme, et avaient bien intégré que seule une approche qualitative pouvait garantir la productivité sur la durée.

Aujourd’hui, l’argument (fondé) des restrictions budgétaires amènent les donneurs d’ordre à penser économies immédiates. Dans cette vision court-termiste, on cherche à trouver le prestataire qui propose le plus bas prix (qui n’est pas forcément le meilleur) selon la logique que le plus court chemin vers l’économie est celui du prix bas.

Et des prestataires prêts à proposer des prix discount, on en trouve… pas forcément très soucieux du résultat à la clef, qui, il est vrai, n’est pas nécessairement la préoccupation du donneur d’ordre au moment de la négociation.

Ainsi le chemin du bas prix est parsemé d’embûches, et bien souvent le projet n’aboutit pas, et coûte même plus que prévu, puisqu’entre temps on a essayé de compenser les dérives par une rallonge budgétaire.

Il est quelque peu chimérique d’imaginer qu’en achetant un prix, on puisse atteindre un résultat. C’est pourtant ce qui se passe en ce moment. Le seul objectif auquel cela répond est : la présentation d’un budget prévisionnel politiquement correct. Le seul résultat auquel on aboutit est : l’échec d’un projet.

Nous devrions toujours garder à l’esprit qu’il est aisé de proposer des bas prix pour ne pas aboutir. Le miroir aux alouettes est aujourd’hui très en vogue.

Le bon prix de l’offshore est un prix compatible avec son budget et permettant d’atteindre des objectifs de production qu’il faut prendre le soin de définir en amont de la démarche.

En attendant ce retour à la raison, j’interviens davantage en mode « pompier » sur des projets en crise, que sur des anticipations de lancement de projets.

JFR

2 Responses to “Le retour à une approche exclusivement quantitative d’une externalisation offshore”

  1. Duc BUI dit :

    bonjour monsieur Jean-François RENAULT

    @L’objectif de l’offshore est sans doute liée à un cout de structure, en effet, lorsque l’on veut « PRODUIRE » il s’agit bien d’un MOA Intelligent, il faut bien de l’INVESTISSEMENT et une CONCEPTION de base POUR AVOIR du résultat MESURABLE /RECETTAGE (donc forcément qualitatif).!

    Aujourd’hui, vous avez certainement raison, tout le monde a une possibilité de OFFSHORE puis que TOUT LE MONDE A ACCES A L’INTERNET ET TROUVER la main d’oeuvre très bon marché et surtout pour d’autres contraintes financieres, une PME ne peut pas forcément payer un ingénieur développeur à 30.000 EUROS/an pour une production pure et simple, et cette même personne n’aurait pas certainement envie de rester s’il est tout seul incompris dans son coin…(ce que l’on dit des « GEARS »).

    Vous avez fait remarquer que les DO ont une vision stratégique et voire long terme, Pour preuve les 5 premiers SSII (CAPGEMINI, ATOS,….) ont déjè environ de 35% employés offshores. Et aussi ce chiffre continue a monter, NON cela n’est pas due a UN COUT COURT TERME, MAIS cela est de la LOI OFFRE ET DEMANDE :). ET SURTOUT LE ROI.

    Par exemple : pour avoir 50% de la main d’oeuvre dans les 3 prochaines annees soit ils auront atteint une productivite de 150% (Process + formation + partage de l’information + BARCAMP + Montee en grade des PM en DSI)….

    En INDE, environ 1 Millards de personnes, dont c’est forcément facile de trouver « quelqu’un qui serait capable à … ».

    Et on a un prix médiane (entre salaire Francais et Indien) alors que on peut tout demander « voire des heures sup »…

    Mais surtout les clients finaux : ont besoin des prix compétitifs en acceptance et en gouvernance des projets (car souvent sont des multinatinales, donc ils aiment voir leur partenaire aussi !!!).

    Non je ne pense pas qu’en terme de stratégies Offshore est à court terme, mais seulement l’acces a OFFSHORE par les PME ont dynamisé cela a CT, cela aurait plus tard des conséquences néfastes : REPUTATION, QUALITE, ET COUT ACCEPTABLE…etc.

    Car rappelons nous bien cette vieille loi de l’économie de marché : Les soustraitances ont toujours su quelles sont les difficultés à réaliser les projets pour les clients finaux. Eux qui ne veulent rien savoir / accompagner ces soustraitance. OR un soustraitance qui evalue mal UN CÔUT d’un projet c’est la CATA pour son entreprise !!!

    “ Vous avez donc raison, il y a bien du business à faire pour les accompagnateurs de OFFSHORE, et les travaux n’en manque pas”

    PS : MOA, DSI en mobilité, recrutement des managers expats, coordination des projets…..
    PS 2 : Je me permet d’inscrire votre site comme lien de partenaire dans mon site, merci de m’envoyer PM pour confirmer les titres.

    Bien à vous.

    Duc

  2. Cher Duc,

    C’est tout le sens de mon entreprise : accompagner en priorisant les exigences du donneur d’ordre, sans ignorer pour autant les contraintes du sous-traitant. Seul cet esprit gagnant-gagnant peut permettre de durer.

    Merci pour votre contribution.

    JFR

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